

Un peu d'histoire
La médecine manuelle, appelée médecine manuelle ostéopathie par nos collègues français, est une branche de la médecine qui s’intéresse exclusivement aux troubles fonctionnels de l’appareil locomoteur.
Sa pratique se base sur des traitements manuels (ou manipulations) sur les articulations aussi bien au niveau axial (rachis et bassin) que périphérique (extrémités). Pratique ancestrale, elle a intégré le champ médical «officiel» à la fin du 19ème siècle, aux Etats-Unis avec Andrew T. Still fondateur de la première école d’ostéopathie en 1894, mais aussi en Suisse qui a vu la parution du livre du praticien bernois le Dr. Otto Naegeli en 1893 (Nervenleiden und Nervenschmerzen, ihre Behandlung und Heilung durch Handgriffe).
Dans notre pays, la société suisse de médecine manuelle (SSMM, SAMM en allemand) a été fondée en 1959 par le Dr. J .C. Terrier et plusieurs confrères, et la section romande, le groupe francophone suisse de médecine manuelle (GFSMM), en 1989 par le Dr. F. Huguenin et ses élèves. Actuellement la formation de médecine manuelle est reconnue par la FMH, elle donne droit à un certificat de capacité et à l’usage de prestations spécifiques dans le Tarmed.
Notre credo
Le mode d’action des thérapies manuelles n’est pas encore totalement élucidé à ce jour, ni son efficacité reconnue dans tous les milieux académiques, bien que notre pratique quotidienne ne laisse guère de doute quant à son bénéfice dans les indications bien posées.
Deux modèles conceptuels s’opposent, la théorie mécaniciste qui prône une action mécanique directe et suffisante sur le trouble fonctionnel (dysfonction) avec le craquement libérateur comme gage de succès, et la théorie neurophysiologique qui voit la dysfonction comme une adaptation réponse de type réflexe du SNC à une agression articulaire et son traitement manuel comme une information centripète transmise par la stimulation des mécanorécepteurs articulaires (B. Wyke) lors de la manipulation.
Notre pratique sous l’impulsion du Dr. F. Huguenin et dans la tradition du Dr. Sell défend l’hypothèse neurophysiologique et considère la dysfonction comme une réponse du SNC aux afférences nociceptives périphériques d’origine physique (ou chimique). Cette interprétation neurologique centrale repose sur l’existence de stéréotypes dysfonctionnels (action synergique de plusieurs muscles) mis en place pour protéger la zone lésée et assurer le maintien de la posture et de la locomotion. Des chaînes musculaires et articulaires dysfonctionnelles apparaissent selon une organisation non métamérique, avec comme manifestation clinique une plainte à distance de la dysfonction d’origine, par ex : une douleur plantaire en cas de dysfonction entre les vertèbres L4 et L5. Cette entité clinique décrite depuis le début des années soixante par A. Bruegger comme syndrome pseudo-radiculaire est appelée actuellement syndrome spondylogène, lorsque la dysfonction est d’origine rachidienne. La thérapie manuelle est censée redonner au SNC une information de normalité par l’intermédiaire des mécanorecepteurs articulaires (types I et II) afin de restituer par voie réflexe les stéréotypes, synergies motrices et perceptives, de fonction et de comportement normaux.